Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /Juin /2010 17:31

Le vendredi 11 juin à 14h00, se tiendra une conférence intitulée : Psychanalyse des limites.

Cette conférence, organisée par le Master de psychologie clinique, psychopathologie et santé mentale est gratuite et se tiendra dans l'amphi B.

Les intervenants sont :

François POMMIER, auteur de L'extrême en psychanalyse.

Vincent ESTELLON, auteur de Les états limites.

 

 

Par Association Psycho-Cité
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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 21:55
Une information d'importance pour les étudiants de psycho : la parution d'un site web qui propose des fiches de synthèse des oeuvres de Freud : BilbioPsy.org (http://www.bibliopsy.org/)
Chaque fiche est téléchargeable en échange d'une contribution de 1,96 € seulement !
Le site vient d'être lancé et comporte déjà plus de vingt résumés de textes de Freud, dont quelques incontournables de psychologie clinique et de psychologie sociale. A terme, l'ambition de BiblioPsy.org est de proposer toute l'oeuvre de Freud résumée en fiches de synthèse pour chaque titre, évitant ainsi l'achat onéreux ou la lecture fastidieuse de toute l'oeuvre !
Bonne lecture !
Par Association Psycho-Cité
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Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /Mars /2009 17:15
Par Marianne Guillaneux

Décrits également par le terme TCA, les troubles du comportement alimentaire sont des maladies à part entière, ayant une composante psychologique importante, et induisant des comportements, attitudes et réactions problématiques vis-à-vis de l'alimentation et de la nourriture, concernant à la fois la personne malade (qui en souffre profondément), mais également son entourage (qui ne sait comment intervenir, et qui pense même parfois être la cause du TCA). Le comportement alimentaire étant à la fois la façon de manger, mais aussi la façon dont on y pense, les troubles du comportement alimentaire portent sur ces deux aspects également.

Les TCA les plus connus sont sans nul doute l’anorexie et la boulimie, mais il en existe d'autres, comme les compulsions, les hyperphagies, et les orthorexies.

Les troubles du comportement alimentaire se détectent lorsque l'alimentation et la nourriture deviennent la préoccupation majeure et constante d'une personne, qu'elles occupent ses pensées continuellement, et qu'elles guident sa façon de vivre.
D'autres facteurs peuvent évoquer des TCA : des pertes ou des prises de poids assez conséquentes, des attitudes d'isolement, de repli sur soi.

Les facteurs déclenchants des troubles du comportement alimentaires sont multiples et encore peu connus, mais des analogies ont été établies chez les personnes souffrant de ces maladies. On retrouve en effet fréquemment (mais pas toujours non plus!) des problèmes d'estime de soi, une extrême sensibilité, des difficultés à communiquer avec les autres et à exprimer ses émotions (notamment au sein de la famille).
Notons également que ces pathologies se développent plus volontiers dans nos sociétés occidentales, où l'image du corps est magnifiée et l'idéal de minceur poussé à son paroxysme, dans le lien que l'on fait entre performance et beau corps.
Enfin, ces pathologies touchent les nourrissons, les enfants, les adolescents, les adultes et les personnes âgées.

Les troubles du comportement alimentaire sont des maladies graves, qui peuvent être mortelles.

Plan du document complet :


I. L'anorexie, c'est quoi?
L'anorexie, pourquoi?
Quel traitement, quelle prise en charge?
Quelle évolution?

II. La boulimie, c'est quoi?
Les critères diagnostiques selon le DSM IV (1994)
La pré-crise
La crise
La boulimie, pourquoi?
Quel traitement, quelle prise en charge?
Quelle évolution?

III. L'hyperphagie c'est quoi ?
Quel traitement, quelle prise en charge?
L’hyperphagie nocturne
La maladie de Pica
Le mérycisme
Le Syndrome d’Alimentation Nocturne (SAN)
L’orthorexie

Pour obtenir ce document complet (20.000 caractères), merci de nous le demander en postant un commentaire avec votre nom.
Par Association Psycho-Cité
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Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /Mars /2009 17:14

Entretien réalisé par Anaïs CAMBON et Stéphanie DUCCINI.

Nous avons rencontré Mademoiselle Valérie DIVOL qui est psychologue clinicienne au Centre Médico Psychologique (C.M.P) de Vauvert. Le centre est situé au 5 rue Mas de Barbet et vous pouvez lui laisser un message au 04 66 68 43 73. 

 

Bonjour, pouvez vous nous présenter votre parcours?

J'ai fait mes études à Nîmes, puis à Montpellier où j'ai obtenu mon D.E.S.S. (aujourd’hui Master II) en Psychologie Clinique et Psychopathologie. Je me suis ensuite inscrite au D.E.A. « Liens sociaux, liens symboliques, Option Psychanalyse » tout en commençant à chercher du travail. J'ai postulé au C.H.U de Nîmes et au C.H.U de Montpellier. C'était en automne 2002, année où il y a eu les inondations dans la région. J'ai alors obtenu, avec 7 autres psychologues sur l’ensemble du Gard, un C.D.D. de 6 mois afin d’assurer un suivi post-traumatique à moyen terme des victimes directes et indirectes de ces inondations sur le secteur sud du Gard. Les demandes de soutien psychologique se sont ensuite diversifiées. En parallèle, j’ai  validé mon D.E.A. J'ai ensuite cumulé les C.D.D. (contrats de trois mois, puis 6 !) au C.H.U. de Nîmes pendant un peu plus de 4 ans, en exerçant dans de nombreux lieux situés sur le secteur sud du Gard (Aigues-Mortes, Aimargues, consultations externes au CHU de Nîmes, Saint-Gilles, Vauvert).

 

Vous avez ensuite trouvé un poste fixe?

Je suis en C.D.I. au C.H.U. de Nîmes depuis 2007.

Je travaille en tant que psychologue clinicienne au C.M.P de Vauvert depuis janvier 2006. Le C.M.P est une antenne psychiatrique de l'hôpital de Carémeau. J’interviens dans cette structure deux jours et demi par semaine. J’ai également des consultations au C.M.S (Centre médico social) de Saint Gilles, un jour par semaine.

 

Pouvez vous nous expliquer le fonctionnement du Centre Médico Psychologique?

Le C.M.P fait partie du service Psychiatrie Adultes de l'hôpital de Nîmes. Sont considérés comme adultes les patients de plus de 16 ans. Ce lieu permet de faire le lien entre l'hospitalisation et le retour chez soi, et est généralement bien investi par les patients.

Ici travaillent deux psychiatres, une psychologue, cinq infirmières et un aide soignant. Le fait d'être une petite structure permet un bon travail d'équipe afin d'aider au mieux les patients. Les psychiatres et moi même rencontrons les patients lors de consultations. J’anime avec un des deux psychiatres et une infirmière un groupe de paroles mensuel.

Le C.M.P. est aussi un C.A.T.T.P (Centre d'Accueil Thérapeutique à Temps Partiel) qui fonctionne en accueil de jour. Des activités y sont proposées comme par exemple, l’atelier diététique, informatique, cuisine, « petites mains », gym douce, relaxation. Les patients peuvent également pratiquer du sport comme les randonnées, le tennis ou des parties de pétanques ! Le but de ces ateliers, animés par les infirmières et l'aide soignant, est de sortir les sujets de l'isolement et de les re-sociabiliser.

 

Pouvez vous nous expliquer plus particulièrement en quoi consiste votre travail au sein de ce service?

J'effectue principalement des entretiens. Mon orientation étant de type psychanalytique, j'effectue la plus part du temps des entretiens non-directifs. Chaque entretien dure environ une demie heure. J'essaie de rencontrer les patients une fois par semaine (ou toutes les deux semaines, en fonction des disponibilités de chacun). Il est important que la personne puisse poser sa parole dans ce lieu. Il est également important de respecter le rythme du patient. Il s’agit d'effectuer un accompagnement avec les sujets, de leur permettre (re)trouver leur place de sujet (au sens psychanalytique du terme). Je ne fais que rarement passer des bilans psychologiques, ma pratique ne s’y prêtant que peu.

Le travail dans un C.M.P. est un travail en réseau avec les divers partenaires : CEDIFF, CMS, PMI, Psychiatrie Adultes, ANPA, CCAA, CCAS, médecins généralistes... Les demandes initiales pour ces consultations sont donc diverses. Les sujets peuvent venir suite à un deuil, une séparation, des histoires de vie difficiles... Je reçois également des personnes de structure psychotique, ou souffrant d’addictions, en particulier l'alcoolisme. La grande majorité des personnes que je rencontre a de faibles revenus (RMI, chômage...).

 

Pouvez vous nous parler des autres lieux où vous exercez?

Je travaille également, comme l’un de mes collègues psychiatres,  avec des personnes souffrant de troubles psychiatriques importants en provenance d’un lieu de vie à Aimargues. Nous sommes des intervenants extérieurs, de ce fait, ce sont les patients qui viennent en consultation au CMP. Tous les 6 mois, nous faisons une réunion in situ avec l’ensemble de l’équipe éducative de ce lieu de vie.

 

Qu'est ce qui vous plait dans votre travail?

Tout ! Le travail en équipe au sein du C.M.P et en réseau avec les autres partenaires, pouvoir rencontrer les patients, les écouter, cheminer avec eux pendant un bout de temps qui peut être plus ou moins long (!) jusqu’à ce qu’ils puissent retrouver leur place de sujet.

 

Je voudrais souligner qu'il y a actuellement de nombreuses dérives en Psychiatrie Adultes. Il est nécessaire que les psychologues aujourd’hui en poste et les futurs psychologues aient conscience de leurs droits et de leurs devoirs au sein de la structure dans laquelle ils travaillent. Par exemple, les psychologues étant des cadres A, leur supérieur hiérarchique est, dans le cas de l'hôpital, le directeur de l'hôpital et non les psychiatres…

De plus je n'adhère pas à certains nouveaux courants de la psychologie comme les thérapies cognitives comportementales. Cette approche traite le symptôme et non le sujet, en oubliant qu’un symptôme, ça se déplace !

 

Recevez vous des stagiaires?

Oui, j'en accueille depuis que je travaille au CHU. Ils assistent à certains entretiens et aux réunions hebdomadaires de l'équipe. Cette expérience m'est très enrichissante : elle me permet de garder un contact avec l'université et aussi de transmettre ce qu’est être psychologue clinicienne pour moi. La présence d’un stagiaire permet d’apporter un regard extérieur sur ma pratique et sur le fonctionnement institutionnel. C’est un réel échange.

 

Quelles démarches faut il suivre afin de postuler?

Il faut écrire à la Direction des Ressources Humaines de l'hôpital de Carémeau. Il faut que vous adressiez votre lettre de motivation et votre C.V à Madame Massot au service Formations-Stages. Vous pouvez la joindre au 04 66 68 40 48. Elle le fera ensuite suivre votre demande à Marie Laure Guillou-Menestreau qui s'occupe de la coordination des offres et des demandes de stages. C'est elle qui se chargera de les transmettre aux psychologues.

Actuellement, environ 49 psychologues travaillent au C.H.U, mais seulement une vingtaine accepte de recevoir des stagiaires.

 

Merci beaucoup.

Par Association Psycho-Cité
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Vendredi 6 février 2009 5 06 /02 /Fév /2009 09:27

Bonjour, pourriez-vous nous présenter votre métier ?

 

Je travaille pour le service de pédiatrie, en consultations (en ambulatoire), et pour le pôle médico judiciaire qui est dans les mêmes locaux, ici au CHU.

Une partie de mon temps est consacré à la régulation d’équipe autour de l’enfant et de sa famille.

Concernant le service de pédiatrie, il y a deux sous services : pédiatrie A de 4 à 18 ans et pédiatrie B de quelques semaines (nous sommes en limite de la néo natalité) à 4 ans.

Je rencontre les enfants qui ont besoin d’un soutien psychologique, et aussi les familles. La maladie doit rester à sa juste place, et il est parfois nécessaire de faire un travail avec les familles et l’enfant pour la gérer. En thérapie je travaille selon trois axes : la place de la maladie et en quoi est-ce qu’elle est un symptôme dans la famille, le retour de l’éducatif et enfin le travail avec la famille.

Nous avons aussi cinq lits en hôpital de jour, cela nous permet d’accueillir des enfants qui viennent pour des bilans médico biologiques et psycho-métriques dans le cadre de pathologies avérées ou de recherche de pathologie. Il y a une neuropsychologue qui faite les tests et moi j’interviens sur l’aspect clinique.

Concernant les consultations, je reçois les enfants qui me sont adressés par les pédiatres de l’hôpital. Je ne consulte pas pour des enfants extérieurs à l’hôpital et qui me seraient adressés par des médecins en ville, ce n’est pas que je ne le souhaite pas, mais cela ne m’est matériellement pas possible.

Le pôle médico judiciaire maintenant. Je suis chargée de l’accueil et de l’accompagnement des victimes supposées au travers des différentes expertises. Ces expertises sont réalisées par des pédo-psychiatres : il y en a deux qui sont sur une liste d’expert. Tous les experts sont regroupés sur un même lieu, ici. Les petites victimes arrivent ici et elles font les différents examens. L’audition est faite ici aussi et elle est enregistrée. Cela permet à la victime de ne pas avoir à répéter son histoire, cela est très important car plus on répète et plus on élabore, ce qui empêche ensuite de faire une enquête de qualité et un travail psychologique efficace. Quand l’enfant arrive, je lui explique ce qui va se passer puis j’assiste à l’audition (derrière la vitre pour ne pas risquer d’interférer), puis je l’accompagne dans ses différents examens. Parfois un examen gynécologique s’impose, il m’arrive d’y assister car l’enfant est en confiance avec moi. J’assure aussi la coordination avec le médecin suite à l’audition.

 

Savez-vous ce que deviennent les enfants qui passent par le pôle médico judiciaire ?

 

Pas toujours. Certains enfants reviennent pour un suivi avec moi. J’interviens aussi au sein du pôle maltraitance en pédiatrie, cela me permet de connaître la suite donnée aux dossiers. Ce pôle réunit de nombreux professionnels : un représentant de l’éducation nationale, un représentant des avocats des enfants, un représentant médico administratif de la PMI, un représentant des pédo-psychiatres du CHU, un représentant de l’administration du CHU, le chef de service, les cadres de la pédiatrie, une assistante sociale, la psychologue de la pédiatrie, des représentants du procureur (substitut à l’enfance et substitut au mineur), un juge pour enfants, un représentant de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance), un médecin pédiatre, le médecin légiste du pôle et un médecin des expertises.

Certains dossiers sont alors revisités et j’ai ainsi des retours d’informations sur certains enfants.

 

Quand vous constatez un cas de maltraitance sur un enfant, que se passe-t-il ?

 

Personnellement je n’ai aucun scrupule à faire des signalements. Quand la maltraitance est psychologique, c’est au psychologue d’effectuer le signalement. S’il s’agit de coups ou de fractures, le psychologue n’intervient pas, c’est le pédiatre qui s’en occupe.

Il faut faire très attention à connaître ses limites et à ne pas empiéter sur le travail psychologique à venir qui lui sera réalisé par d’autres. Comme je l’ai déjà dit pour les auditions, plus on répète et plus on élabore, ce n’est pas ma mission de démarrer un travail psychologique avec un enfant maltraité et avec sa famille, cela pourrait nuire à la suite de la prise en charge de l’enfant. L’important c’est l’intérêt supérieur de l’enfant, pas le désir du psychologue de comprendre. On protège l’enfant, toujours.

 

Merci, souhaitez-vous ajouter quelque chose pour nos lecteurs ?

 

Oui, je voudrais ajouter deux choses : la prévention et la place du psychologue à l’hôpital.

La prévention est pour moi quelque chose de fondamental. Il y a trois niveaux de prévention : la prévention primaire, c’est l’information. La prévention secondaire consiste à soigner, et la prévention tertiaire : on soigne et on fait de la prévention pour que la personne ne se retrouve plus dans la même situation, ou bien pour aider les proches. Avec les victimes d’agression, les trois types de prévention s’imposent : on informe, on soigne la victime, et on protège les victimes potentielles. En fin de vie, même si cela peut paraître incongru, on fait aussi de la prévention tertiaire en aidant les proches à accepter la mort de celui qu’ils aiment et donc la leur à venir, tout en choisissant la vie grâce à leur travail de deuil.

Sur la place du psychologue à l’hôpital, il me semble important de lancer le débat, en particulier pour les étudiants d’aujourd’hui qui seront les psychologues de demain. Quelle est la place du psychologue à l’hôpital ? Quelle place l’institution et la société veulent pour le psychologue ? Personnellement, je vais tous les matins en staff de chirurgie pour poser la question de la place du psychologue dans les soins.

Par Association Psycho-Cité
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Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /Jan /2009 17:39
Entretien réalisé par Stéphanie DUCCINI

Bonjour, pourriez-vous nous présenter la structure de Vauvert ?


Ici il y a un CMPI (centre médico-psychologique infantile) et un hôpital de jour pour enfants.
En hôpital de jour nous avons 10 places, et nous accueillons des enfants une à trois demi-journées par semaine, en fonction du projet de soins.
Ce sont des enfants qui ont entre 0 et 10-12 ans.
Certains adolescents sont orientés dans le service adolescent du CHU à Carémeau.
Les pathologies sont très variées : troubles autistiques, troubles du développement, avec ou sans pathologies somatiques associées (avec de l’épilepsie par exemple), pathologies narcissiques, troubles de l’attachement, troubles instrumentaux …
Par contre nous ne travaillons pas sur le champ de la déficience lorsqu’elle représente le trouble unique chez l’enfant.

En ce qui concerne le CMPI, c’est très divers.
Nous sommes un service public hospitalier et essayons de répondre à toutes les demandes.
Les enfants consultent pour des troubles scolaires, des troubles de l’attachement, des troubles du comportement,  des troubles réactionnels, des manifestations d’angoisse ….
La secrétaire reçoit les demandes des familles par téléphone ou au secrétariat qu’elle soumet ensuite aux consultants (psychologue, pédopsychiatre).
Certains enfants sont parfois orientés vers des psychologues ou psychiatres en libéral.

En tout il y a une quinzaine de personnes dans l’équipe, avec des antennes à Saint Gilles, Aigues Mortes et le Grau du Roi.


En quoi consiste votre métier au quotidien ?

Nous travaillons en équipe.
Le psychologue collabore avec le médecin pédopsychiatre.
Le psychologue participe aux réunions cliniques et à l’élaboration des projets de soins. Nous participons à la réalisation d’entretiens cliniques, de bilans avec nos outils spécifiques.

Selon les indications de soins, les soignants  animent des ateliers thérapeutiques : contes, jeux de rôles, relaxation, yoga, rythmes et sons, prise en charge individuelles etc.
Avec les soignants (infirmiers, éducateurs, orthophoniste, etc.), j’effectue des « reprises » des temps de soins (groupe ou temps individuels).
Nous travaillons aussi en lien avec l’école, les familles d’accueil et les services sociaux.

Pour le CMPI mon travail est plus individuel.
J’effectue les premières consultations.
Après une évaluation de la situation je peux proposer un suivi ou demander à un soignant ou un rééducateur un bilan complémentaire (orthophonie, psychomotricité).
Une prise en charge institutionnelle peut se mettre en place. Dans ce cas, la situation de l’enfant est réfléchie en équipe.
Des réunions cliniques ont  lieu de façon hebdomadaire.
Je continue à recevoir régulièrement les parents.
Si un suivi individuel se met en place, je travaille  avec l’enfant et ses parents à une fréquence qui dépend des troubles.
Reste à mentionner l’importance de la formation continue pour le psychologue ainsi que celle d’un travail de réflexion autour de sa pratique professionnelle.

Est-ce que vous acceptez des stagiaires ?


Il est possible d’accueillir un stagiaire psychologue dans le service.
Dans ce cas il est intéressant que le stagiaire soit présent  dans le service tout au long d’une année scolaire ce qui permet de le faire participer à des ateliers.
La présence d’un stagiaire est discutée en réunion d’équipe afin de permettre de définir sa présence sur les différents temps de soin.
Parfois les impératifs horaires des étudiants nous empêchent de les intégrer, c’est pourquoi il est bon que les étudiants s’y prennent le plus tôt possible.
Toutes les demandes de stage sont centralisées à la DQRH de l’hôpital. Il faut donc envoyer une lettre et un CV. Ensuite c’est Madame DIVOL, qui est psychologue au CMP (psychiatrie adulte) de Vauvert qui centralise les propositions de stage de tous les services et les candidatures des étudiants.
Elle transmet à chacun les demandes qui semblent correspondre et nous recevons les étudiants pour un entretien.

Quel est votre parcours ?


J’ai fait un Master II de psychopathologie clinique à Montpellier et des stages en psychiatrie adulte puis dans une maison d’enfant à caractère social.
Au début je n’ai pas trouvé de travail comme psychologue clinicienne.
Il y a 8 ans j’ai eu l’opportunité d’intégrer le CMPI.
C’est un métier dans lequel l’expérience compte, mais par forcément : ici  il y a trois psychologues et très récemment un poste à mi-temps a été pourvu par une jeune femme qui venait juste de terminer son cursus.

Pour contacter le CMPI de Vauvert :
28 rue Salvador Allende
30600 Vauvert
04 66 73 11 00
Par Association Psycho-Cité
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Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /Déc /2008 00:05
Par Adeline Paoli

L’intervention de l’après-midi est celle du professeur Philippe JEAMMET. Il est professeur en psychiatrie à l’institut René DESCARTES à Paris. Il est également psychanalyste et préside l’Ecole des parents et des éducateurs d’Ile de France. Il a occupé les fonctions de chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’Institut Mutualiste de MONTSOURIS. Il est auteur de nombreux ouvrages sur les phénomènes de l’adolescence, son évolution au cours du temps et sur les signes avant-coureurs de conduites déviantes. Parmi ses œuvres il y a Adolescence (Editions de la Découverte), Pour nos ados, soyons adultes (Editions Odile Jacob) ou encore, La souffrance des adolescents (Editions de la Découverte).
Lors de l’introduction de son intervention, une phrase a retenu mon attention : « On ne choisit jamais d’aller mal mais on peut finir par s’y accrocher, cela peut finir par devenir une identité ».
L’enfant est un être singulier, unique. Cependant, il est « parentifié ». Ce paradoxe de fonction et de statut fait violence à l’enfant. Il lui est d’autant plus difficile de trouver son identité, sa place.
Un enfant a besoin d’adultes qui ont eux-mêmes des repères. Un trop grand désir de compréhension est négatif : on n’y voit plus clair. Actuellement, il y a un manque de cohérence entre adultes (« guerre des écoles » : éducateurs, parents, instituteurs…). Mais il faut voir les différences et la complémentarité : c’est la condition de la liberté. Les questions actuelles (publicité, littérature, idées…) montrent un gonflement narcissique de la société.
Mais en réalité, les adolescents ne vont pas plus mal.
La vision de chacun définit son environnement. On est créateur des choses. Les adolescents sont, au contraire, moins inhibés, plus ouverts. Mais ils sont angoissés car l’inconnu fait peur. L’inconnu désiré car on souhaite rompre avec le schéma parental, avec les stéréotypes. Cependant, l’ouverture sur le monde peut être facteur de comportements destructeurs. L’adolescent se pose des questions sur son identité. Les rites culturels (exemple de la circoncision) sont parfois violents et arquent le passage de l’enfant à l’adulte. De plus, avec l’évolution de la société, le temps de dépendance aux parents est plus long aujourd’hui.
Si l’enfant prend de la distance, il met à l’épreuve ses ressources. Il peut ressentir un sentiment de menace. En effet, plus on est en insécurité intérieure, plus on cherche la sécurité extérieure : l’identité est menacée. Il existe un besoin quasi-irrépressible de l’Autre. Cette fusion des Moi (ou le désir de cette fusion) menace l’identité : je ne suis plus moi en tant qu’individu, je suis moi à travers toi comme tu es toi à travers moi. Le Moi n’est pas stable. Malgré cette menace identitaire, on a besoin de l’Autre, de la complémentarité que cela apporte. Sans oublier que l’Autre est un miroir qui nous renvoie notre valeur.
L’adolescent (comme tout Homme) a besoin de s’opposer pour se différencier. L’adolescence vient à la sortie de la période latence. Les changements morphologiques, hormonaux et physiologiques ainsi que les pulsions sexuelles, qui étaient satisfaites sur un plan autre que sexuel (elles étaient sublimées), viennent renforcer le sentiment que le corps nous échappe. Apparaît alors un sentiment d’impuissance. La menace de l’identité est d’autant plus présente. Au sentiment de menace s’ajoute une dépendance au regard des autres : on assiste à la « paranoïa du malaise ».
Plus le lien affectif avec l’adolescent est grand, plus le risque est grand. L’adolescent veut être entendu mais dès qu’on lui fait savoir que l’on est à son écoute, il s’oppose.
Il peut adopter des comportements qui choquent pour s’affirmer. En effet, quand on choque on est vu, on marque sa différence : on a l’impression d’exister. L’adolescent a peur des émotions positives, du trop-maternant. Il faut adapter le discours.
Quand l’adolescent souffre, il a l’impression de ne plus rien avoir. Or, lorsque l’on n’a plus rien, il nous reste toujours quelque chose : la destruction. Détruire est le seul moyen d’être son créateur et la destruction est bien souvent, proportionnelle à l’envie. L’adolescent a peur d’être englouti par lui-même et en même temps, il a peur d’être abandonné. Il faut trouver un juste milieu entre l’intrusion (l’adolescent ne demande pas mais on donne une réponse, une présence) et l’abandon (l’adolescent demande mais ion ne donne pas de réponse, de présence). C’est un peu comme ce que Winnicott appelle « l’object presenting » : c’est la capacité qu'a la mère de mettre à disposition de l'enfant un objet physique ou psychique, au bon moment. Si c'est trop tôt, il n y a plus de désir de la part de l'enfant, si c'est trop tard, il y a frustration, inhibition du désir et soumission à l'entourage. Le bébé va avoir l'impression de créer le monde environnant. Donc, l’adulte donne en laissant l’illusion à l’adolescent que c’est lui qui crée. On évite, ainsi, le sentiment de dépendance. Mais plus le cadre est cadré, plus la personne est rassurée : l’angoisse est moindre.
Il faut également faire la distinction entre le choix réel et la contrainte liée à la peur qui entraîne un « choix ». Dire « c’est son choix » pose la question du véritable choix.  Or, la pathologie est une absence de choix. En effet, choisir c’est prendre du temps pour faire « le bon choix ». Mais attendre est signe de menace, de chute : dans la pathologie, le sujet doit être actif dans l’instant (car il y a de l’angoisse sur le long terme). On peut faire un parallèle avec l’intervention de Mme BENGELOUNE : les jeunes ne peuvent pas choisir car c’est angoissant et le sentiment de menace crée ce malaise, cette crise identitaire. Les comportements sont illusoires dans la pathologie : le sujet pense être maître, créer alors que sa conduite est dictée par l’autre (la dépendance au regard des autres, la contrainte liée à la peur). Mais ce comportement que le sujet n’a pas choisi et qui s’impose à lui rassure car il redonne un rôle actif et soulage l’angoisse.
L’humiliation (réelle ou ressentie) est une effraction narcissique qui vient renforcer le sentiment de menace.
Le moment le plus difficile est celui où l’on souhaite aller bien. En effet, lorsque la souffrance est là, tout ce qui fait qu’on va mal anesthésie la douleur. Mais, lorsque l’on veut aller bien, on voit l’écart entre ce que l’on désire et ce qui est : le principe de réalité nous rattrape.
Par Association Psycho-Cité
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Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /Déc /2008 00:02
Par Adeline Paoli

La seconde intervention (et la dernière de la matinée) est celle de Mme COCHET, présidente de l’Association de Parents d’Enfants Accidentés par Strangulation (APEAS). Elle a occupé la fonction de pharmacienne industrielle pour l’entreprise SANOFI avant de se consacrer, depuis 8 ans, à temps plein à cette association qui compte actuellement 300 membres bénévoles qui travaillent sans relâche. Mère de trois enfants, elle a perdu son fils Nicolas âgé de 14 ans et demi le 21 décembre 2000, à la suite d’une pratique dont elle n’avait jamais entendu parler. Le principe de ces « jeux » consiste à s’étrangler mutuellement dans le secret (entre copains), afin de découvrir des sensations de type hallucinatoires. Au mois d’octobre 2001, Mme COCHET publie Nos enfants jouent à s’étrangler…en secret, aux éditions François-Xavier DE GUIBERT.
Le premier article de presse qui fait la une est celui du 18/06/2000, publié dans le quotidien Le Figaro (http://www.jeudufoulard.com/html-fr/fram_01.html). Cet article a permis une prise de conscience, notamment chez les chefs d’établissements scolaires. S’en est suivi une circulaire ministérielle de Jack Lang.
Les jeux de strangulations sont des pratiques expérimentales sur le corps qui sont destinées à se faire évanouir. C’est dans ce sens qu’ils sont différents des jeux violents comme « le jeu de la croix » ou encore « le petit pont massacreur ». Le « jeu de la tomate » entre dans les jeux de strangulation ; il s’agit d’une apnée excessive pour s’évanouir ou avoir le visage qui change de couleur (qui devient alors rouge ou violet).
Ces jeux de strangulation sont souvent précédés d’une hyperventilation et d’exercices de flexions/extensions afin d’accélérer le débit sanguin. L’hyperventilation en elle-même peut provoquer un coma car on ventile uniquement du CO2 : cela supprime le réflexe de reprise du souffle, ce qui est délétère. Il peut également y avoir compression du plexus solaire : l’évanouissement est alors quasi-instantané. Il en va de même pour la compression des artères carotides et jugulaires. D’autres variantes existent comme la semi-strangulation latérale au lien (un lien est attaché à un point et on se compresse le cou en tirant du côté opposé au lien) ou la pendaison.
Les signes d’alerte:
- Violent mal de tête mais très bref
- Douleurs aux oreilles
- Troubles oculaires : diminution de l’acuité visuelle parfois
- Micro-hémorragies (tâches rouges ou brunes) au niveau du cou
- Pétéchies
- Marque du lien
- Lien (foulard, ceinture, ficelle…) qui traîne en des lieux inhabituels
- Bruit sourd dans la chambre (pouvant correspondre à un corps qui convulse ou qui chute)
Pendant l’évanouissement, les autres observent les yeux révulsés et les convulsions motrices qui se produisent. Ils peuvent même filmer la scène. Cependant, les convulsions peuvent ensuite se reproduire sans déclencheur et devenir des crises d’épilepsie.
Informer des conséquences physiologiques est la base des préventions. En effet, les jeunes n’ont pas conscience des conséquences que ces jeux peuvent entraîner. Pour eux, i s’agit d’un jeu, d’une expérience. Lors de l’évanouissement, le système para-sympathique est excité ce qui entraîne une bradycardie voire un arrêt cardiaque, une hypoxie voire une anoxie cérébrale ou encore, une hypercapnie (un excès de CO2) qui entraîne une cyanose. Les neurones sont détruits ce qui a pour conséquence une grande fatigue, une diminution de l’attention et de la mémoire voire de graves séquelles neurologiques (jusqu’au handicap si l’on reste en vie…). L’arrêt cardiaque est la cause principale des handicaps (paralysie, mort cérébrale…). Cette « expérience » provoque des hallucinations auditives et/ou visuelles, une sensation de « relaxation intense » associée à des troubles de la perception du temps (on pense que ça a duré des heures), une notion de plaisir auto-érotique (l’asphyxiophilie est une pratique sexuelle adulte) mais cela peut également entraîner un trou noir… Il existe un risque d’addiction (sauf pour ceux qui ont vécu le trou noir, en général). Les hallucinations donnent leurs noms à ces pratiques : rêve bleu, rêve indien, le cosmos…
Il faut rester attentif : ces jeux peuvent se pratiquer en solitaire.
Pour plus d’informations, consulter le site de l’APEAS : www.jeudufoulard.com/
APEAS - Association de Parents d’Enfants Accidentés par Strangulation
16, rue des écoles
75005 PARIS
06 21 45 41 86
06 13 42 97 85
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Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /Déc /2008 23:56
Par Adeline Paoli

Ce mardi 02 décembre 2008, la BPDJ (Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile) de Caissargues était à l'initiative d'un colloque, qui avait pour sujet « Les déviances chez les jeunes », à l'auditorium de la Maison du Département.

La présentation est faite par le Général Pierre Renault, commandant la région de gendarmerie du Languedoc-Roussillon. Il fait un rappel historique: c'est dans les années 90 que fut instaurée la prévention de la délinquance et des problématiques chez les jeunes ou les personnes vulnérables. Il rappelle également que les BPDJ sont des brigades exclusivement préventives (nous détaillerons leurs actions dans un article ultérieur).

Les déviances sont des comportements non conformes aux normes sociales, qui font l'objet d'une réprobation sociale. On en distingue 3 grands types:
- la variance, qui est un simple écart aux habitudes
- la marginalité, qui est un écart aux normes sociales
- la délinquance, qui place la personne concerne en situation d'infraction (pouvant aller jusqu'au crime)

La première intervention est celle de Mme Alhem BENGELOUNE, anthropologue spécialisée dans l'anthropologie biologique et du corps. Elle est directrice de l'Institut de formation CONFLUENCE, elle anime également des formations auprès d'institutions socioprofessionnelles, sanitaires, judiciaires et éducatives. Ses interventions abordent notamment le thème de l'interculturalité et la jeunesse occupe une place centrale dans ses conférences. Elle est également auteur de nombreuses publications. Elle aborde avec nous le thème « Identité et culture des jeunes issus de l'immigration ».
Plan de son intervention:
1.    Introduction: analyse linguistique des désignations
2.    Malaise identitaire
3.    Les jeunes et la culture d'origine
4.    L'image du père immigré
5.    Profils et identité
6.    Identité féminine et émancipation

1. Les termes les plus communément employés pour désigner les jeunes issus de l'immigration sont «le deuxième génération», «les jeunes d'origine maghrébine», les «jeunes issus de l'immigration», les «reubeu»...
Attachons nous d'abord à la «deuxième génération». Cette génération vient donc après une première, elle n'est pas désignée par elle-même mais en référence à d'autres.
«Les jeunes d'origine maghrébine» est une désignation dichotomique. Deux termes sont associés, et chacun d'eux fait référence à un pays: origine fait référence au pays «d'accueil», la France tandis que « maghrébine » fait référence au pays «natal», le Maroc, l'Algérie, la Tunisie...
Lorsque l'on parle de «jeunes issus de l'immigration», on fait référence aux origines ethniques.
«Reubeu» est un terme apparu dans les années 70. Il vient du verlan «beur» qui signifie «arabe». Il est souvent employé par ces jeunes pour s’auto-désigner et met en exergue l’origine ethnique des parents.  C’est d’ailleurs un des rares termes (voire même le seul) utilisé pour se désigner collectivement mais pas individuellement. Il est employé pour désigner l’absent qui est objet, celui dont on parle mais pas celui qui parle.

2. Rares sont ceux qui se considèrent comme des citoyens français à part entière : mais ils ne rejettent pas forcément l’un ou l’autre de leur «pays». Le raisonnement sociologique pose la question «à qui appartiennent-ils ?». Bien souvent, ils se sentent comme des «laissés pour compte», ils se sentent exclus au nom de la continuité car ils ne sont pas dans la conformité.
Si les désignations « citoyen français » et «origine maghrébine» sont considérées par ces jeunes comme deux composantes antagonistes de leur identité alors on peut assister à des problèmes déviance, des problèmes identitaires car ils n’ont pas de repères socioculturels stables, ils se sentent tiraillés entre 2 cultures différentes et incompatibles.
Toute atteinte (physique, verbale, morale) ciblée sur une seule personne est considérée comme une atteinte faîte au groupe entier car, dans leur culture, l’individu n’existe qu’à travers le groupe. Il n’y a pas d’individualité propre.
Il existe également une culpabilité religieuse. La France est une société laïque. Cependant, il est difficile pour ces jeunes de le concevoir, de l’admettre et de le reconnaître car leur religion leur permet d’obtenir la bénédiction divine. Une absence de religion serait signe de malédiction divine. Ils pensent donc n’être redevables que devant Dieu (Allah) : il y a croyance en la justice divine uniquement. La justice républicaine se trouve par là discréditée. La prison ne serait pour eux qu’une épreuve qui leur est envoyée. Ils y trouvent une symbolique religieuse qui les déculpabilise : il y a difficulté à reconnaître son acte.
La culture immigrée fait preuve d’un grand traditionalisme car elle ne possède pas de racines, elles n’évoluent pas. Alors que dans le pays d’origine, la culture évolue dans le temps. Les pratiques religieuses recyclent l’identité.
Cependant, la culture maghrébine appartient aux parents : il n’y a donc pas d’identité complète propre. Ces jeunes possèdent partiellement leur culture d’origine : la langue, la religion et ses pratiques, les relations au sein de la cellule familiale…L’attitude face à cela peut donc être distante voire critique car il n’y a pas de compromis entre cette culture intrafamiliale et le milieu extérieur.
Tout ce qui touche à la «première génération» (les parents) est à la fois respecté et critiqué, ce qui gêne fortement les processus d’identification, nécessaires à la construction de l’identité.
Les adolescents ont de nouvelles données que ne possèdent pas les parents (la sexualité, la culture, la remise en cause des identifications originelles…), qui n’établissent donc pas d lien de cause à effet.
Les plus grands rites de transition dans la culture maghrébine  sont la circoncision pour les garçons et l’interdiction de l’accès à l’espace masculin (donc à l’extérieur) pour les filles. En effet, l’espace masculin est représenté par l’extérieur tandis que l’espace féminin est représenté par l’intérieur (donc le foyer, la cellule familiale). Les garçons n’ont plus le droit d’accompagner leur mère au hammam, ils doivent être des hommes et donc s’approprier les qualités et les valeurs qui feront qu’ils seront reconnus en tant qu’homme (virilité, être à la tête de la famille…). Il existe une admiration pour le père : c’est un modèle. L’adolescent affiche tôt sa virilité  car il doit défendre l’intégrité et l’image de sa famille. Il est réconforté et soutenu par sa mère : elle lui fait beaucoup d’éloges car c’est devenu un homme. Le père est admiré car c’est la figure d’identification, celui qui incarne l’autorité. En effet, la mère se place du côté de l’affectif, côté qui doit être refoulé même s’il existe toujours une connivence mère-fils.
En France, les signifiants sont différents  et les parents ne possèdent pas ces nouveaux signifiants.  Il n’y a pas de rituels de transition : l’adolescent doit donc trouver d’autres solutions, ce qui peut se traduire par des fugues, des comportements de refus, des problèmes avec l’alcool, des toxicomanies…Ces comportements sont le support d’une évasion temporaire.
Tout ceci montre une absence de modèle cohérent et de dialogue constructif car il existe, chez ces jeunes, beaucoup d’autoritarisme entraînant par là, une décompensation. Le passage des parents d’une culture où l’individu n’existe qu’à travers le groupe à une culture où l’individu existe en que sujet singulier  est trop rapide.

3. Le père, en France, se sent dévalorisé car il est émigré : il y a absence de considération de par son éventuelle situation (chômage, niveau d’instruction assez bas…). Il mise donc énormément sur la scolarité de ses enfants.
La référence avec l’autorité (le père « groupal » traditionnel) devient un autre, moins bien considéré alors que, dans la culture, cette place est unique, imprenable et héritée. C’est-à-dire qu’un fils ne peut prendre la place du père tant que ce dernier est toujours en vie. Mais, en France, il est dépourvu de ses « pouvoirs » et on assiste souvent à une inversion des rôles où le fils prend la place du père et régie la famille.
Il n’y a donc pas de lieu pour le père ce qui peut entraîner de la honte, de la culpabilité voire une transgression des lois : le jeune peut se « venger » de la société qui n’a pas donné de place à son père.

5. L’expression du malaise identitaire est différente selon les jeunes. (Attention, ces profils sont schématiques et évoluent avec le temps et les évènements).
Il y a 4 grands schémas :
- ceux qui se réfèrent aux 2 systèmes : ils veulent s’insérer sans pour autant renier leurs origines (il y a donc un attachement affectif)
- l’identité islamique : c’est un ancrage, un équilibre dynamique pour éviter le « choc des cultures ». L’islam est vécu comme un ensemble de traditions
- le processus d’assimilation : le jeune renie sa culture d’origine, il se définit comme français  et adopte des comportements qui rompent avec sa famille (lorsqu’elle es très traditionnelle, trop pour lui)
- la difficulté à stabiliser une identité individuelle : il n’y a pas d’identité solide, le Moi est un Moi collectif idéal mais illusoire qui permet de conserver son identité collective au détriment de l’identité individuelle.

6. L’identité féminine est tiraillée entre les 2 cultures même si elle essaye de plus en plus de rejeter l’image de sa mère, surtout à cause/grâce à l’image que renvoie ses copines françaises. On observe donc des fugues, des retards le jour du mariage, des tentatives de suicide.
Ces troubles sont perçus comme de la rébellion à l’encontre de la famille, notamment ceux qui concerne la tenue vestimentaire, l’attitude en public…C’est comme si elle se glorifiait de ses origines mais qu’elle les dénigrait en adoptant la culture française dans sa superficialité.
Ces déviances sont une méfiance envers l’autorité du père et du grand frère.  Auparavant, ces derniers n’hésitaient pas à utiliser la force, l’enfermement ou l’exil. Ces pratiques ont été abandonnées car condamnées. Alors pour empêcher cette émancipation, les moyens actuels sont la manipulation théologique et politique.
En conclusion, Mme BENGELOUNE nous dit que les emplois précaires que ces jeunes occupent  (voire le chômage), la désignation par leur appartenance ethnique sont des facteurs qui renforcent leur  position et leur sentiment d’infériorité. Le malaise identitaire crée un sentiment d’instabilité qui entrave le développement (psychique, scolaire et social) : ils ne peuvent faire des choix, s’engager car ils ne peuvent choisir entre 2 cultures, deux identités.
Ahlem BENGELOUNE.
8 rue Léon
Blum 13290 ARLES
Tel. : 04.90.52.23.00
Fax : 04.90.52.23.01
scop.confluence@freesbee.fr

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Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /Déc /2008 13:23
Par Anaïs Cambon

Bonjour, pouvez vous nous présenter l'association?

L'Unafam est une association reconnue d'utilité publique depuis 1968.
Elle regroupe au niveau national plus de 15 000 familles et il existe 97 antennes départementales. Dans notre antenne, il y en a environ 520 familles et 150 sont adhérentes.

Quel est le but de l'association?
L'association a pour objet de rassembler les familles pour s'entraider et se former mais aussi pour agir ensemble dans l'intérêt général.
Cette entraide et cette formation se font par l'accueil dans les permanences locales et l'information des familles.
L'action dans l'intérêt général se fait par exemple par l'orientation vers les lieux de soins ou d'insertion, la représentation des usagers ainsi que par la promotion de la recherche.

Comment mettez vous en place ces différents projets?

Nous mettons en place, entre autres, des permanences à Nîmes, mais aussi à Alès et Bagnols où les parents accueillent d'autres parents. Il y a aussi des groupes de paroles dans lesquels des professionnels interviennent, comme par exemple des psychologues, des psychiatres et des psychothérapeutes.

Quelles sont les actions menées par l'association?
Les actions de l'Unafam s'attachent au présent mais également à l'avenir des familles et des personnes souffrant de troubles psychiques. Pour cela, l'association travaille en partenariat avec les institutions, par exemple les hôpitaux psychiatriques, et les élus.
Nous tentons aussi de sensibiliser à la nécessité de faire un effort particulier dans le domaine de la santé mentale et de la psychiatrie car les malades souffrent de stigmatisation. Pour cela, nous travaillons par exemple avec la police et la gendarmerie et mettons aussi en place des modules de formation afin de comprendre ce qu'est la maladie mentale.
L'association milite aussi pour la mise en place de structures au bénéfice des malades comme par exemple le logement, les activités ou le travail.

L'association a-t-elle besoin de bénévoles?
L'Unafam recherche toujours des bénévoles afin d'aider le
s familles par exemple lors des permanences. Si certains pensent pouvoir donner un peu de leur temps, il faut qu'ils passent à l'antenne afin de discuter de leurs disponibilités, de leurs souhaits et de leurs compétences.

Merci

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site internet de l’UNAFAM : http://www.unafam.org/
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